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Ma vie, son blog

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Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


L’humour

Publié par Victor Ladou sur 4 Avril 2017, 07:09am

Catégories : #La chronique du mercredi

L’humour

Il est une question délicate en matière d’humour : « Peut-on rire de tout ? »

L’une des réponses communément admises est : « Oui, mais cela dépend avec qui… »
 
En ce qui me concerne, j’ai résolu ce genre de dilemme moral en arrêtant la pratique de l’humour.
Et tout cela sans aucune aide médicale ni patch.
C’est une question de volonté.
 
Et depuis, je suis réfractaire à toute forme d’humour et ce, avec n’importe qui.
 
Non parce que quand on y réfléchit un peu, ou beaucoup, tout dépend du temps que vous aurez à y consacrer, la pratique de l’humour est loin d’être innocente et n’est pas sans conséquences.
 
Déjà, rien ne prouve que la personne avec qui l’on veut pratiquer soit consentante. Peut-être préfèrerait-elle entendre une ode à la poésie ou écouter le silence, plutôt que de subir votre humour.
 
Et puis, soyons honnête, il y a énormément d’implicite, de non-dits et d’ambiguïté derrière une simple blague.
 
Prenons un exemple concret et simple : l'histoire de Paf le chien. Pour celles et ceux d’entre vous qui ne la connaitraient pas, c’est l’histoire d’un chien qui traverse la rue et puis, paf ! le chien…
 
Il s’agit là d’un grand classique de l'humour dont on peut trouver plusieurs variantes comme l’histoire de Paf le chien le 6 janvier, l’histoire de Flaf la girafe, j’en passe et des meilleures.
Je ne suis pas un recueil d’histoires drôles…
 
Sauf que si l'on commence à réfléchir, alors se pose très vite la question de la sécurité routière, des animaux qui errent librement, de la législation en matière de responsabilité civile, et donc de se demander qui est responsable : le propriétaire du chien ou de la voiture ?
 
S'agit-il d'un chien abandonné qui a choisi de mettre fin à sa vie car il se sentait seul et abandonné de tous (ce qui est le cas puisqu’il a été abandonné).
Se pose alors la question de la détresse liée à l’abandon et du soutien psychologique aux animaux.
 
Nous sommes en droit de nous demander pourquoi un chien traverse-t-il la rue seul ?
Les plus spirituels d’entre vous ne manqueront pas de répondre : « pour se rendre de l’autre côté » sans même s’apercevoir de tout ce qu’implique cette simple réponse.
 
En effet, on se retrouve avec une phrase comprenant un double sens. Littéral tout d’abord, où le chien traverse la rue et se retrouve tout naturellement de l’autre côté. Mais aussi le figuré où l’autre côté signifie qu’il est mort, corroboré par la chute, qui est ici plus proche de l’aplatissement, de l’histoire.
 
Et tout de suite, nous pensons à ce pauvre bougre qui n’a pas su détecter la subtilité de langage et risque donc d’être pris pour cible des railleries et autres basses moqueries. Il deviendra alors le dindon de la farce
 
Dès lors, on peut aisément supposer que ce trait d’humour, que l’on qualifiera de noir, peut tout autant passer pour une absence totale d’empathie vis-à-vis de la pauvre bête que de son propriétaire ou du chauffeur.
 
De fait, alors que nous nous gaussons de la mort tragi-comique de ce brave représentant de la race canine, une petite fille n’est-elle pas en train de pleurer la perte de son meilleur ami ? Et que savons-nous des dommages provoqués par l’écrasement de cette pauvre bête par un conducteur un peu distrait (dommage autant matériel que physique ou psychologique) ?
 
Et qu’est-ce qui nous prouve qu’au moment où nous énonçons fièrement la chute de l’histoire, le traumatisme que revivra notre interlocuteur, qu’il s’agisse de la perte tragique de son animal de compagnie ou de l’écrasement de sa grand-mère.
 
J’aurais tout aussi bien citer l’histoire de l’œuf et du kiwi, qui nous parle d’acceptation de la différence, de racisme alimentaire, de ségrégation capillaire et de compartiment de frigidaire.
 
Alors voilà.
J’espère que vous y réfléchirez à deux fois avant de raconter une blague, fut-elle aussi innocente que celle de paf le chien.
 
Et quant à ceux qui auront trouvé cette chronique humoristique, je n’aurais qu’un seul mot à leur dire :
 
« Merci. »
 

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