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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


L’enfer

Publié par Victor Ladou sur 18 Décembre 2015, 19:00pm

Catégories : #Ma vie son oeuvre

L’enfer est pavé de bonnes intentions nous enseigne la sagesse populaire. Mais l’enfer, c’est aussi les autres disait Sartre. Quel asocial ce mec… Pour certains, l’enfer n’est qu’une représentation métaphorique des souffrances et des tourments qui attendent les pêcheurs ou ceux qui savent profiter de la vie. Enfin, pour beaucoup, l’enfer peut se résumer à un concert de Maitre Gimms.
 
Bonjour. Je m’appelle Victor LADOU. J’ai 33 ans. Je mesure 1m88 pour 77 kilos. Je suis brun aux yeux verts. Et aujourd’hui, j’ai connu l’enfer.
 
Hier soir, Zoé (33ans-1m66-55kilos) a commandé un crayon pencil eyeliner makeup noir anthracite n°29 ou je ne sais trop quoi, en fait. « Un truc pour les yeux » m’a t-elle dit. J’aime quand elle utilise des termes simples pour l’être simple que je suis.
 
« Tu pourras aller le récupérer pour moi stp ? ». J’ai évidemment accepté, toujours prêt à rendre service à ma compagne, surtout que je savais la récompense à la hauteur de mon dévouement.
 
Je suis donc allé dans une célèbre chaine d’enseigne de parfums et cosmétiques à dominante noire et blanche avec une pointe de rouge dans le nom de la marque ayant les consonances d’un prénom féminin (vous pouvez respirer maintenant).
 
Dès mon entrée dans le magasin, je me suis rendu compte que la pointe de rouge avait été déclinée à outrance. Certes, nous sommes en périodes de Noël, mais si le Vietnam a été pour certains un enfer vert, moi, je venais de découvrir le mien, et il était rouge.
 
Et rempli de femelles pressées, de harpies stressées, de furies excédées. Et il y régnait une chaleur étouffante (comme on s’imagine le véritable enfer)
 
Dès mon entrée, j’essuyai un tir nourri de regards accusateurs et réprobateurs. Qu’est-ce qu’il fait ici celui-là, semblaient-elles toutes me demander. Utiliser ici l’expression « avec insistance » relèverait du doux euphémisme.
 
J’ai senti un vent de panique s’insinuer en moi mais j’ai essayé de rester brave et d’affronter ce milieu ô combien hostile. J’ai commencé à chercher une vendeuse désoeuvrée afin de récupérer ma commande, mais elles étaient toutes occupées à aider toutes ces femelles dans leur recherche de la nuance parfaite de vernis à ongle pour aller avec leur rouge-à-lèvres (et inversement proportionnel).
 
Précautionneusement, j’ai commencé à me déplacer, conscient d’être un éléphant dans un magasin de porcelaine, ou plutôt de me trouver en terrain miné. Je cherchai, désespéré, où pouvait bien se trouver les caisses, car mon instinct me soufflait que c’était là que je trouverai l’objet de ma venue, à savoir le truc pour les yeux.
 
Mais ce magasin ayant été construit pour des femmes, les règles de la logique consistant à placer les caisses près de l’entrée ne s’appliquaient pas ici. J’ai finalement trouvé les caisses, cachées derrière un mur et j’ai patiemment commencé à faire la queue.
 
Quand ce fut mon tour, j’ai dit que je venais récupérer la commande pour ma femme.
« Vous avez sa pièce d’identité ? »
 
Je ne l’avais pas, car elle était partie à Paris et en avait besoin pour passer les contrôles mais j’avais la mienne et nous avons le même nom, puisque c’est ma femme, lui expliquai-je sans grande conviction.
 
« Je vais me renseigner. »
 
5 minutes plus tard, elle revient en me disant que c’est ok.
 
« Vous avez le numéro de la commande ? »
 
Je sortis fièrement mon téléphone pour lui montrer le SMS que m’avait transmis Zoé. Elle prit le numéro et alla chercher le paquet.
 
C’est en rangeant mon téléphone dans ma poche, que je me rendis compte que les deux SMS de Zoé qui suivaient m’informaient qu’elle ne pouvait aller à Paris suite à une grève surprise. Je me demandai dans quelle mesure la vendeuse avait pu les lire et se rendre compte que je lui garoffais…
 
« Un crayon pencil eyeliner makeup noir anthracite n°29 »
 
J’acquiesçai. Un truc pour les yeux.
 
« Oui, un crayon pencil eyeliner makeup noir anthracite n°29 ».
 
J’acquiesçai encore. Oui, un truc pour les yeux.
 
« Si vous voulez bien dater et signer là ».
 
Son stylo ne fonctionnait pas. J’ai pris le mien. Qui ne marchait pas mieux. Elle m’a retendu le sien.
 
« Il faut bien appuyer avec. »
 
J’ai bien appuyé avec, daté, signé là et je le lui ai rendu.
 
« Voilà votre truc pour les yeux. Je vous mets des échantillons, et elle a 20% de remise sur notre prochaine collection et aussi…»
 
Je voulais la supplier de me laisser sortir.
J’avais chaud, j’avais peur, je voulais ma maman, j’en voulais à Zoé et par dessus tout, je voulais fuir cet enfer.
 
J’ai finalement pu me saisir du paquet qu’elle avait (enfin) fini par me tendre avant de m’enfuir vers la sortie salvatrice, en refaisant tout le chemin à l’envers.
 
Je venais de vivre un enfer et je ne savais pas comment j’allais surmonter ce SPT.
 
Bonjour, je m’appelle Victor LADOU et aujourd’hui, j’ai recommencé à fumer…

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Melusine Hoffman 21/12/2015 12:12

Commander sur internet : une autre définition du bonheur.

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