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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


Victor LADOU, sa vie, son œuvre…

Publié par Victor Ladou sur 23 Juin 2017, 15:17pm

Catégories : #Ma vie son oeuvre

Il est des hommes qui marquent l’Histoire de leur empreinte.
Et d’autres qui marquent les hommes par les histoires qu’ils leur empruntent…
 
Bonjour. Je m’appelle Louise. J’ai 33 ans et je mesure 1m77 pour 66 kilos. Ma couleur de cheveux dépend de mes envies mais mes yeux sont toujours verts. Et aujourd’hui je vous parle de mes rencontres avec Victor LADOU…
 
Ma première rencontre avec lui a eu lieu quand j’avais onze ans. Je fouillais dans la bibliothèque de ma mère à la recherche d’un ouvrage à lire quand je suis tombée sur un livre intitulé : « Sa vie, mon œuvre ».
 
Je l’ai ouvert et j’ai commencé à le feuilleter. En le refermant, je suis tombée sur une mystérieuse dédicace, écrite d’une main malhabile sur la première page, et que j’eus du mal à déchiffrer :
 
« A ma mienne, dont le souvenir perdurera par-delà le temps et les âges… »
 
Intriguée, je me souviens l’avoir montrée à ma mère, qui m’a répondu qu’elle ne savait pas car il s’agissait d’un livre acheté dans un marché aux puces. Puis elle m’a dit que j’étais bien trop petite pour le lire. Et de le reposer là où je l’avais trouvé.
 
Le lendemain, il avait disparu…
 
Ma première rencontre littéraire avec lui eu quelques années plus tard. J’étais chez le prof de fac avec qui je sortais et je fouillais dans sa bibliothèque quand je suis tombée sur une édition qu’il avait faite dédicacer par l’auteur lui-même :
 
« J’espère que tu prendras autant de plaisir à lire ce livre que moi j’en ai pris à l’écrire… »
 
Je me suis alors rappelée de celui que j’avais trouvé chez ma mère et l’empruntait alors à mon amant de l’époque. Ce roman n’avait rien d’exceptionnel. C’était plaisant à lire mais sans plus.
 
Et pourtant, sa lecture éveilla en moi une étrange sensation, comme un non-dit ou une vérité connue et oubliée depuis, un petit truc au fond de moi que je ne sus m’expliquer.
Jusqu’à ce que j’en parle avec ma mère. Et que j’apprenne la vérité.
 
Je venais d’avoir 22 ans.
 
Ma première rencontre physique avec Victor LADOU eu lieu chez lui. Il m’invita à rentrer et me proposa de boire une boisson chaude. J’optais pour une tasse de café pendant que lui faisait bouillir de l’eau pour faire infuser un sachet de thé vert.
 
Il commença alors à me vanter les bienfaits avérés du thé vert. C’est un excellent antioxydant naturel, réputé pour réduire les risques de cancer. Puis, il me demanda si cela ne me gênait pas qu’il fume une cigarette…
 
Au cours de nos rencontres, il me racontait souvent des souvenirs heureux de sa jeunesse. Il aimait à dire qu’il fallait en profiter tant qu’on le pouvait, parce qu’un jour, on se retrouvait avec les idées, mais plus les outils…
 
Quand je lui parlais d’amour, il me répondait toujours qu’il était souvent tombé amoureux et que c’était là son moindre défaut. Mais qu’il n’avait aimé qu’une seule femme dans sa vie. Pendant un instant, une ombre passait sur son visage qu’il chassait ensuite d’un sourire radieux…
 
Un jour, alors que nous étions assis sur la terrasse de sa maison et qu’il était perdu dans la contemplation du paysage, il me dit que Zoé avait fait de lui un homme. Je lui répondis étonnée que je pensais qu’il avait perdu sa virginité au lycée.
 
« Coucher avec des filles ne fait pas de vous un homme. Faire l’amour avec une femme que vous aimez et qui vous aime en retour si… »
 
Il me parlait rarement de Zoé. Mais quand il le faisait, sa voix était pleine de chaleur et d’amour pendant que ses yeux se remplissaient de larmes et de regrets. Et quand je lui demandais pourquoi il avait rompu avec elle, sa réponse était toujours la même.
 
 « Parce qu’à 22 ans, ma folie l’aurait détruite. Et à 33 ans, c’est moi qu’elle aurait détruit. »
 
Je me souviens aussi de ce qu’il aimait répéter quand il parlait de la mort : « Le plus grand regret que j’aurais le jour de ma mort sera de ne pas être mort le lendemain. ». Avant de partir dans un éclat de rire puissant…
 
Ma dernière rencontre avec Victor LADOU a eu lieu sur son lit d’hôpital. Il venait de faire une série d’infarctus. Il m’a regardé entrer et a souri avant de me dire qu’il savait que je serais là le jour de sa mort.
 
Il s’est alors excusé d’avoir rompu avec moi et je lui expliquais que non, je ne l’avais pas laissé partir et que nous étions restés ensemble et que nous avions eu une vie heureuse.
                                                                                                    
Il m’a souri, une larme perlant au coin de son œil avant de dire que ma mère pouvait être fière car elle m’avait parfaitement élevée. Puis, il a ajouté qu’il était fatigué et qu’il allait se reposer un peu.
 
Et ce fut là son ultime mensonge car il dormi bien plus que ce qu’il avait dit…
 
Son enterrement eu lieu par une belle journée d’automne.
Un vieil homme près de moi murmura qu’il avait toujours aimé l’arrière-saison.
Et qu’il aurait apprécié l’ironie d’être enterré un jeudi.
Des larmes coulaient sur un visage ridé empreint d’une tristesse ineffable.
 
A la fin de la cérémonie, il s’approcha de moi et me dit :
« Tu ressembles à ta mère. Mais tu as ses yeux à lui.
Vous l’avez connu ? » lui demandais-je.
 
Il éclata d’un rire spontané avant de répondre :
« Peut-on connaître un homme qui ne se connaissait pas lui-même…
Mais oui, j’ai eu la chance pour mon malheur de le connaître.
Nous avons été amis pendant plus de 60 ans.
Il n’était pas le meilleur mais m’a toujours considéré tel quel…
Il a aimé ta mère comme lui seul savait le faire.
Après leur rupture, il a commencé à écrire.
C’était sa façon à lui de continuer sa vie avec elle.
Et de te raconter son histoire, qui il était ou plutôt, qui il aurait voulu être.
Je suis sûr qu’il aurait apprécié de sortir un lieu commun du genre qu’il avait préféré rêver sa vie plutôt que de vivre ses rêves. »
 
Mais avec une foule d’adverbe ajoutai-je.
Et nous rîmes de bon cœur.
Puis, il déclara :
 
« Puisse-t-il avoir enfin trouvé la paix dans la mort qu’il recherchait dans l’écriture.
Et je pense que c’est ainsi qu’il aimerait que l’on se souvienne de lui.
Comme d’un clown triste heureux d’être un clown… »
 
Il leva alors les yeux au ciel et ajouta :
« Je suis sûr qu’il est en train de parcourir la plaine d’Hyrule avec ses chiennes à ses côtés… »
 
Puis, il se tut.
Je le laissais alors seul afin qu’il puisse pleurer son ami disparu.
Je m’approchai de la tombe de Victor LADOU où se trouvait sa dernière phrase :
 
« Soyez maudits ! »
 
Ainsi s’achève l’histoire de Victor LADOU.
Et avec lui, sa vie et son œuvre.
 
Quant à moi, qui sait ? Je suis peut-être une histoire vraie.
Ou bien aurais-je pu l’être.
A moins que seul un fou ait voulu le croire…

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