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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


NaNoWriMo 2016 : Day#14

Publié par Victor Ladou sur 14 Novembre 2016, 19:10pm

Catégories : #NaNoWriMo

NaNoWriMo 2016 : Day#14
Jour 14 : L’amour est comme une baguette de pain pas trop cuite
 
Ce matin, comme tous les matins depuis plusieurs années, Victor LADOU s’est levé d’humeur mouffut et est allé acheter une baguette de pain pas trop cuite.
Sauf que ce matin, n’est pas un matin comme les autres, car aujourd’hui, la vie de Victor LADOU va changer.
 
Victor LADOU arrive dans sa boulangerie favorite et, pris d’une soudaine envie irrésistible, il décide de modifier ses habitudes et d’acheter des viennoiseries pour son petit-déjeuner. Il ignore encore à quel point ce simple geste anodin va bouleverser son existence.
 
Il s’approche du comptoir et sa boulangère lui tend une baguette de pain pas trop cuite qu’il refuse d’un geste de la main.
« - Je vais plutôt prendre des viennoiseries. Donnez-moi un croissant, un pain aux raisins et… une chocolatine aussi. J’ai très faim ce matin. »
 
            La boulangère remplit le sac en papier recyclé avec les viennoiseries commandées et suspend son geste au moment où une petite voix se fait entendre dans son dos :
 
« On dit pain au chocolat, espèce de bouffeur de chocolatine ! »
 
            Victor LADOU pour sortir une répartie cinglante sur l’endroit où elle peut se fourrer le pain au chocolat et que le bouffeur de chocolatine lui dit le mot de Cambrone, mais aucun son ne sort de sa bouche quand il aperçoit la plus charmante de toutes les créatures charmantes.
 
« Je… Euh… Enfin… » arrive-t-il difficilement à articuler tout en prenant une jolie tiente légèrement cramoisie.
 
« Et en plus, ça sait à peine parler. Allez grand dadais, payez et laissez les autres acheter leur pain au chocolat.» ajoute-t-elle.
 
            Victor LADOU confus, et un peu honteux aussi, paye et sort dans la rue. Il sort une cigarette et aspire une longue et lente bouffée de tabac, nicotine, mercure et autres poisons le menant à une mort   lente mais inexorable.
 
            Quand la plus charmante de toutes les créatures charmantes sort de la boutique, elle pousse un soupir d’exaspération en voyant que Victor LADOU l’attend. Elle se prépare à une nouvelle remarque blessant quand Victor LADOU lève les mains en signe paix.
 
« Avant que vous ne disiez quelque chose, je voulais vous demander ce que vous faisiez ce soir ? » lui demande-t-il.
 
            Cette simple phrase suffit à la désarçonner et à lui faire perdre une partie de sa confiance en elle. Elle se ressaisit très vite et lui dit dans un ton rempli de mépris et de condescendance :
 
« Rien qui ne soit en mesure de vous intéresser, et surtout pas avec un bouffeur de chocolatine. »
 
            Victor LADOU hausse les épaules d’un air détaché, la salue et monte dans son Impala noire de 69. Juste au moment où il allait démarrer, elle ouvre la portière, rentre dans la voiture et lui dit d’un ton plein d’assurance.
 
« Par contre, je suis disponible maintenant. Et je n’ai pas encore bu mon café. Merci de m’inviter. Vous connaissez cette petite enseigne qui vends des cafés hors de prix ? Bien, alors qu’attendez-vous pour m’y conduire. »
 
            Et c’est ainsi que Victor LADOU, 33 ans, 1m88 pour 77 kilos, jeune auteur travaillant dans un IT Crowd fit la connaissance de Zoé, 33 ans, 1m66 pour 55, jeune artiste travaillant comme graphiste dans une boite de com’.
 
            Ils se découvrent plein de passions communes : le curling, le chili et les loutres. Ils décident d’essayer d’être un couple et entament une relation amoureuse avant d’emménager bientôt ensemble. La vie est belle, les oiseaux chantent, le ciel est bleu, le héros finit toujours avec la fille et les gentils triomphent des méchants.
 
            Un jour Zoé était couchée sur la canapé en train d’écouter de la musique avec des écouteurs. Victor LADOU, en basket, short et t-shirt se prépare à aller courir. Il lui glisse un dernier baiser avant de partir ainsi que quelques phrases qu’elle n’entends pas à cause du son sur ses oreilles.
 
            Quelques heures plus tard, Zoé se réveille. L’appartement est étrangement vide et silencieux. Victor LADOU n’est pas ou plus là. Dans le salon, la télévision est allumée avec le son éteint. Elle commence à s’inquiéter et à se demander quels ont pu bien être ses derniers mots pour elle.
 
            « Je t’aime. » « Passes une bonne journée. » « Je vais courir un marathon. » Elle s’en veut de ne pas avoir écouté ce qu’il avait à lui dire. Elle commence à essayer de le joindre sur son portable, mais ce dernier sonne dans le vide.
 
            Elle essaye de joindre les parents de Victor LADOU mais sans succès. Elle se souvient qu’ils sont en voyage. Elle essaye le meilleur ami de Victor LADOU et au moment où ce dernier décroche, elle laisse tomber le combiné car la photo de Victor LADOU se trouve dans les actualités.
 
            Elle s’effondre sur le canapé, dit quelques mots incohérents à la personne au bout du fil avant de raccrocher. Victor LADOU, son Victor LADOU est dans le journal télévisée. Elle n’ose croire ce qu’elle voit.
 
            Il vient de remporter le marathon de Gator et de pulvériser le record du monde dans la foulée. Soulagée, elle se souvient maintenant qu’il lui a bien dit qu’il allait courir un marathon et qu’il rentrerait en fin d’après-midi.
 
            Quelques temps plus tard, Zoé annonce qu’elle va faire les soldes au centre commercial avec quelques copines et qu’il ne s’inquiète pas si elle rentre un peu tard. Victor LADOU acquiesce, plus inquiet par le montant des futures dépenses de Zoé que par son heure de retour.
 
            Il se lance dans une nouvelle quête composée de fragments de la Triforce, de princesse et de roi des voleurs démoniaque ayant pris possession de la terre sacrée. Il est tellement concentré par cette aventure sans précédent, qu’il en oublie de regarder l’heure.
 
            Il se rend compte soudainement qu’il commence à se faire tard. La nuit est en train de tomber. Il sauvegarde sa partie et appelle Zoé pour savoir où elle en est dans sa frénésie d’achat compulsif de produits soldés.
 
            Elle ne lui répond pas. Ce qui l’inquiète. Il réessaye à nouveau et tombe à nouveau sur son répondeur. Il commence alors à sentir un fort sentiment de panique l’envahir, surtout quand il regarde l’appartement où Zoé ne se trouve pas.
 
            Il s’assoit sur son vieux fauteuil de cuir rouge et commence par respirer lentement afin de faire baisser sa tension nerveuse et de lui permettre de réfléchir calmement et posément à la situation dans laquelle il se trouve.
 
            Puis, il se lève d’un bond et décide qu’il est temps d’agir. Dans un premier temps, il vide le lave-vaisselle et le remplit de celle entassée dans l’évier. Un coup de chiffon à poussière et hop, il en profite pour faire le lit.
 
            Ensuite, il passe l’aspirateur, range le linge, étends la lessive et passe la serpillière. Il prie le temps que le sol sèche que Zoé ne rentre pas encore. Pendant ce temps-là, il prépare un petit diner romantique juste au cas où elle rentrerait avant qu’il n’ait eu le temps de finir les corvées ménagères qu’elle lui a attribuées avant de partir.
 
            Il est en train de remettre les meubles en place, il a presque fini, quand il sursaute en entendant la sonnerie de son téléphone retentir. C’est Zoé. Il décroche et elle lui demande si cela ne le dérange pas qu’elle sorte manger avec les filles.
« Evidement que non », lui répondit-il.
 
            Il regarde l’état propre et reluisant de l’appartement qu’il a méticuleusement nettoyé en quatrième vitesse. Il met le repas qu’il a préparé dans le frigidaire et en sort une bière avant de commander une pizza er de reprendre sa quête.
 
            Victor LADOU et Zoé se marièrent, eurent beaucoup d’enfants, un travail leur permettant de vivre confortablement, une maison bien agencée et agréable à vivre où ils purent élever leurs enfants et se construire des souvenirs pour le jour de leur mort.
 
            Ils moururent le même jour, à quelques heures d’intervalle, lui d’un arrêt cardiaque et elle de chagrin d’amour. Ils furent enterrés dans un petit cimetière, sur une parcelle agréable et bien orientée.
 
            Et c’est tout. Mais que voulez-vous, les histoires d’amour n’ont jamais été mon fort. Ni en écriture, ni en lecture. Evidemment, je pourrais vous raconter la fois où leur petite a eu une crise d’appendicite.
 
            J’aurais tout aussi bien pu, voire même dû, vous conter cette anecdote amusante qui leur est arrivée pour la 1ere communion de leur premier. Mais autant elle était assez amusante lorsqu’elle leur est arrivée, et les fait encore bien rigoler de nos jours, autant elle n’est pas passionnante à entendre pour qui ne l’a pas vécue.
 
            Ou encore quand leur grand s’est foulé la cheville en jouant au rugby, la mention bien qu’a obtenu leur dernier au bac, mais avouons-le-nous, c’est super chiant quand il ne se passe rien de dramatique dans la vie d’un couple qui s’aime.
 
            Alors oui, j’aurais pu très facilement lui coller une maitresse, pour ajouter un peu de piment dans l’histoire. Mais cela aurait fort mesquin de ma part. Ou bien faire en sorte qu’elle ait un cancer pour créer un petit moment d’émotion et de tristesse. Mais je ne suis pas un être aussi sadique, et le cancer, c’est quand même vachement trop grave pour pouvoir en rire.
 
            J’aurais aussi pu créer une addiction à n’importe quelle drogue dure pour l’ainée, mais se droguer c’est mal, il ne faut pas se droguer. Ou alors, faire en sorte que leur fille fugue et se prostitue pour payer la drogue de son frère ainé, mais ceux sont des bons enfants ayant reçu beaucoup d’amour et une très bonne éducation.
 
Ou affubler le dernier d’un handicap ou d’une malformation, mais cela aurait été trop facile pour créer du drama et du pathos. Par contre, je me rends compte que vous êtes une bien belle bande de salopards à vouloir qu’ils aient des problèmes.
 
            Et bien non. Ils sont juste tellement chiants et amoureux que leur vie en est quelconque et plate. Certes, leur voiture est un jour tombée en panne alors qu’ils rentraient de vacances, mais leur assurance a tout bien géré et cela n’a pas entaché leur moral ni leur bonne humeur.
 
            Bref, vous aurez compris que je n’ai aucune inspiration pour écrire ce genre d’histoire palpitante et niaise qui fera chavirer votre petit cœur en guimauve et votre âme si fleur bleue et donner raison à Apollinaire, Brassens et aux Rita Mitsouko.
 
            Donc, je vais m’arrêter là dans cette navrante histoire d’amour et vous souhaiter tout un tas de bonnes choses, mais vous ne me croiriez pas et vous aurez bien raison. Aussi, soyez maudits et je vous dis à demain pour une nouvelle histoire.
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