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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


Sur la route

Publié par Victor Ladou sur 15 Juillet 2016, 18:00pm

Catégories : #Ma vie son oeuvre

Sur la route
Dans le cadre de mon travail, je suis souvent amené à me déplacer. J’ai alors tendance dans ces moments-là, à laisser mon esprit vagabonder librement, à me perdre dans la contemplation méditative des platanes et des silhouettes noires peuplant les bords des routes. Mais parfois…
 
Bonjour. Je m’appelle Victor LADOU. J’ai 33 ans. Je mesure 1m88 pour 77 kilos. Je suis brun aux yeux verts. Et aujourd’hui, j’ai vu un bouquet de fleurs.
 
Je vous vois déjà sourire, prêts à une ou deux remarques sarcastiques sur cette banale vision. Ils marquent souvent l’emplacement des victimes de la circulation routière, me direz-vous sur un ton condescendant. On en voit, hélas, un peu trop souvent d’ailleurs, ajouterez-vous même.
 
Sauf que voyez-vous, ce qui retint mon attention, c’était sa localisation improbable. En effet, celui-ci était placé contre le pylône d’une ligne haute tension, seule au milieu d’un grand champ, quelques centaines de mètres en contrebas de la route.
 
Je me suis alors posé cette question toute bête : Qui, et surtout, comment quelqu’un avait pu aller se tuer à cet endroit, d’autant plus dans un accident de voiture ?
 
Etait-ce un prétendant au titre des Darwin Awards ? Un homme dont la stupidité ou la malchance avait conduit sa voiture à venir s’écraser sur le seul obstacle présent à des lieues à la ronde. Obstacle, qui plus est, dont l’emplacement ajoute un brin de perplexité quand aux conditions de l’accident.
 
Ou bien un simple suicide. Un pauvre agriculteur esseulé n’ayant pu trouver l’amour dans son pré et que la solitude aura poussé à projeter sa moissonneuse batteuse sur ce poteau électrique qui défigurait son champ, tout comme sa vie était défigurée par l’immensité de sa solitude et de son désespoir?
 
Peut-être même était-ce plus épique que cela. Peut-être est-ce là le triste résultat d’une folle course poursuite en voiture, entre un espion au service de sa majesté et une bande de vilains sous-fifres d’un odieux, mais tout de même sympathique, Maître du mal ? Peut-être qu’usant de ses gadgets et de ses avancées technologiques, il aura propulsé l’un des affreux sbires droit sur le support bétonné de cette ligne haute-tension.
 
Et depuis, la famille de ce second couteau déposerait cet hommage commémoratif, afin de pallier le choc de sa mort. Seule consolation, la mutuelle des hommes de main est plutôt bonne.
 
Ou bien, est-ce là un amour impossible entre une mobylette un peu fleur bleue et ce chef-d'œuvre architectural électrique, mobylette qui, passant tous les jours devant l’objet de son désir, aura voulu l’enlacer.
 
Que nenni mes pauvres amis. En rentrant chez moi, curieux de connaître la vérité, je suis allé faire une recherche internet sur un célèbre moteur de recherches et je vais vous retranscrire les détails de ce regrettable accident.
 
C’était par une triste soirée automnale. La chaussée, couverte de feuilles mortes, avait été rendue glissante par les récentes intempéries. Des éclairs striaient le ciel lourd de gros nuages menaçants annonçant le retour du mauvais temps. Autant dire que tous les éléments étaient réunis pour créer une atmosphère dramatique à la situation.
 
Un jeune homme de 19 ans, rentrait chez lui après son travail. Il venait de faire un petit détour pour raccompagner sa petite amie chez elle. Un jeune garçon bien sous tout rapport, comme la France a su si parfaitement en produire fut une époque (la mienne surtout).
 
Pendant ce temps-là, la pauvre mère du brave garçon se faisait un sang d’encre pour son fils. Elle avait vu le reportage de Jean-Pierre PERNAULT sur une femme qui, ayant perdu son unique fils à cause d’une diarrhée explosive, fabriquait des porte-clefs en papier hygiénique. Le journal avait fermé sur un bulletin météorologique des plus pessimistes, annonçant un temps orageux avec des rafales de vents violents.
 
Inconscient du tracas que se faisait sa mère, le garçon roulait prudemment quand il reçut un texto. Il attrapa son téléphone portable tant bien que mal, conduisant d’une seule main, la seconde plongée dans le fond de la poche de son jean slim.
 
C’est alors que le drame est arrivé. Afin de lire le message qu’il venait de recevoir, et faisant fi des conseils avisés de sa mère sur les dangers du téléphone au volant, il quitta les yeux de la route, avant de la quitter définitivement avec sa voiture. Et de finir sa course dans le champ en contrebas…
 
Mais, heureusement pour lui, il n’avait rien. Il appela alors sa mère afin qu’elle vienne le chercher. Cette dernière sortit de son garage en trombe, de la ville en quatrième vitesse avant de sortir de la route et d’aller faucher son fils contre le poteau.
 
Voilà mes amis les détails affreux de ce terrible drame.
 
Je finirai juste en disant que le texto reçu par le défunt jeune homme, avait été envoyé par sa mère et lui disait « Fais attention aux risques liés à l’usage du téléphone sur la route. Je t’aime. Maman. »
 
Bonjour. Je m’appelle Victor LADOU. And life is a bitch and then you die…

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