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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


Je suis malade

Publié par Victor Ladou sur 9 Octobre 2015, 20:01pm

Catégories : #Ma vie son oeuvre

Je suis malade
Je ne sais plus où j’ai lu/vu/entendu/emprunté/inventé cette phrase disant que nous sommes tous égaux devant la maladie. A moins que ce ne soit le contraire. Quelle ineptie. L’égalité avec les autres malades, je m’en taponne le coquillard avec la patte gauche d’un alligator nain albinos…
 
Bonjour. Je m’appelle Victor LADOU. J’ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Je suis brun aux yeux verts. Et aujourd’hui, je vous maudis.
 
Je suis mouffut (prononcer « moufûT »).
Parce que je suis malade (prononcer « bahladeuh »).
J’ai un bon gros rhume (prononcer « rûbeuh »).
 
Je suis malade à l’heure où j’écris ces lignes.
Pas à celle où vous les lisez.
Bande de truffes (prononcer comme bon vous semble).
 
Alors, je sais déjà ce que vous allez me dire :
« C’est de saison. »
« Personne n’aime être malade. »
« C’est rien du tout. »
« Mon petit cousin, lui, a un vrai truc grave… »
 
Sachez que je me soucie autant de votre opinion et de ce que vous pensez que de ma première chemise bleue pistache à manches courtes et à col en fourrure.
Je suis malade.
Il n’y a que moi qui compte.
 
Je me fiche totalement des gens qui passent leur temps à se reluquer le nombril en se plaignant de leurs petits problèmes égocentriques.
Parce que je suis malade.
Et que mon état de santé est plus important que le reste du monde.
 
Et que je vais mourir.
Et que je veux mourir.
Parce que je suis malade.
Et que je n’aime pas ça.
 
Alors de grâce, barrez-vous et laissez-moi agoniser tranquillement dans mon coin.
 
Mais vous allez où ?!
Ne partez pas si loin, que diable !
Plaignez-moi un peu, bande d’égoïstes sans cœur !
Je suis malade !
 
Je déambule, chez moi, fiévreux, hagard, en pantoufles, jogging et robe de chambre.
Râles d’agonie, éternuements intempestifs, quintes de toux remplies de glaires…
Je suis malade.
 
Je suis un patient exemplaire.
A l’hôpital.
J’estime que les infirmières font un métier assez difficile comme ça pour en rajouter.
Alors je supporte les réveils à 6 heures le matin, la nourriture infecte à avaler, le thermomètre à... Bref…
Et puis je garde le secret espoir que l’une d’elles soit nue sous sa blouse.
 
Sauf que je ne suis pas à l’hôpital.
Donc, j’en profite.
Parce que je suis malade.
 
Je vilipende tout ce et ceux qui m’entourent.
Je suis exécrable au possible.
Mais j’en ai le droit.
Parce que je suis malade.
 
Et puis, tout m’énerve.
Le médecin qui minimise mon état de santé, qui est toujours en retard et qui se paye le luxe de me faire payer 23 euros le ¼ d’heure de consultation.
Le pharmacien qui me lit l’ordonnance, sa file d’attente composée de souffreteux et de personnes du 3ième et du 4ième âge, et qui veut absolument me refiler son générique.
La sécurité sociale qui ne me rembourse qu’une partie de mes frais médicaux.
Alors que je suis malade.
Et qu’ils sont bien placés pour le savoir.
Comme le thermomètre…
 
Que dire de ces gens délétères qui me conseillent de me mettre en arrêt maladie.
Juste parce que je suis malade.
 
Les fous.
 
« En arrêt. Moi ? Plutôt mourir ! »
 
Non, je préfère aller travailler.
Pour éviter à tous ces pauvres bougres de se perdre en conjoncture sur mon état de santé et de s’inquiéter inutilement sur ma misérable condition.
Et de s’en rendre malades.
 
Et quand l’une de mes collègues s’approche pour me biser, dans un geste théâtral de la main je lui signifie mon refus et j’ajoute d’un ton dramatique, mais digne : « Je suis malade. ».
 
Leurs réactions sont alors aussi unanimes qu’originales :
« Quelle abnégation ! »
« Quel courage ! »
« Quel don de soi. »
« Quel con. »
 
Même malade, je reste égal à moi-même (à savoir supérieur à vous).
C’est donc toujours vers ces petits êtres calomnieux dispersant des commentaires stériles que je cible la zone de propagation de mes germes et de mes miasmes.
 
Je déteste la méchanceté gratuite.
Surtout quand je suis malade.
 
Et ça tombe mal.
Parce que je ne sais pas si vous êtes au courant.
Mais je suis malade…

Commenter cet article

Melusine Hoffman 14/10/2015 09:04

Il paraît que l'origine du mot maladie viendrait du mal à dire.


On s'en fout ?

Tant pis.

Victor Ladou 14/10/2015 16:48

Merci pour cette information ô combien essentielle.
Non je ne suis pas odieux.
Je suis malade...

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