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Ma vie, son blog

Ma vie, son blog

Bonjour, Je m'appelle Victor LADOU. J'ai 33 ans et je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd'hui, vous découvrez mon blog...


Le complexe

Publié par Victor Ladou sur 12 Juillet 2015, 20:30pm

Catégories : #Ma vie son oeuvre

Le complexe

On a tous des complexes divers et variés : de poids, de taille, de culture générale, d’inculture généralisée. En ce qui me concerne, je ne souffre que d’un simple complexe d’Œdipe. Ma mère dit que ça ne compte pas. Mon père n’est pas du même avis. Celui-là…

Bonjour, je m’appelle Victor LADOU et j’ai 33 ans. Je mesure 1m88 pour 77 kilos. Et aujourd’hui, je suis allé chez le docteur.

Rien de grave je vous rassure. Juste une petite maladie vénérienne due à un défaut de protection. Il faudra que j’en informe quand même les membres de mon club des priapiques modérés anonymes. Bref…

Et du coup, muni de mon ordonnance, je me suis rendu à la pharmacie du coin.

Back in my time, les pharmaciens étaient des êtres possédant la connaissance ultime, capable de vous dire si un champignon était vénéneux et surtout, surtout, de lire les prescriptions rédigées de la main même des médecins. Exercice ô combien complexe et impossible pour l’homme du commun.

Tel un Champollion médical, il lui suffisait d’un simple regard pour décrypter ces hiéroglyphes. Et de cette époque bénie où le pharmacien était le détenteur de la pierre de Rosette capable de déchiffrer l’écriture obscure des docteurs, il en est resté un syndrome que je nomme le complexe de l’apothicaire.

Car de nos jours, la plupart des praticiens impriment leurs ordonnances.

Et pourtant, le pharmacien continue à vous lire les prescriptions en vous précisant combien de cachets vous devez prendre, à quoi correspond le médicament. D’aucuns se seront déjà fait la réflexion que, quand ils achètent des légumes, le maraîcher ne leur explique pas comment les éplucher ni la recette de la ratatouille.

J’ai, personnellement, souvent l’impression d’être devant un être brisé et déchu, un homme à terre essayant de garder un minimum de dignité. Il est là, meurtri dans sa chair, cherchant à vous convaincre qu’il n’est pas un banal dealer spécialisé dans la vente de produits pharmaceutiques ou même un simple épicier de quartier diplômé d’écoles supérieures et subventionné par la sécurité sociale :

« Psst, un petit générique, hein, hein ?

Cachet sécable ou effervescent ?

Préservatif senteur fruitée, triple épaisseur, double plaisir pour elle et pour lui. Le 1er est offert… »

Car oui, le pharmacien a encore son utilité. Regardez donc son échoppe. Sa clientèle est principalement composée par le public des après-midi de France3 qui viennent là attendre le retour de leurs émissions favorites.

Oui, le pharmacien est gérontophile et l’assume. Il aime à s’occuper de cette partie de la population qui a gardé en mémoire le souvenir de sa gloire passée, de sa grandeur d’antan. Son échoppe, c’est un peu la caverne des merveilles pour séniors. On y sort sa carte vitale et son chéquier et on se laisse aller aux plaisirs des achats compulsifs bons pour la santé. Le vieux sait qu’il n’a plus beaucoup de temps, alors il le prend.

Et, durant votre attente interminable pour atteindre le guichet, si vous tendez doucement l’oreille, alors vous vous retrouverez propulsés dans des contes d’un autre âge. Ceux du 3ième. Voire du 4ième.

Plongez-vous dans les récits passionnants des fuites urinaires et des descentes d’organes. Découvrez les secrets et les merveilles magiques du monte-escalier. Laissez vous tendrement bercer par les aventures extraordinaires dues aux flatulences et autres gaz non propulsifs à effet de serre.

Sachez que malgré tout, le pharmacien reste le garant des risques liés à l’iatrogénèse médicamenteuse. Car n’oubliez pas qu’un jour, vous aussi vous perdrez vos cheveux, vos dents et vos légumes.

Mais ne lui achetez surtout pas ces préservatifs dont il vous a vanté les mérites. C’est de l’arnaque qui vous laissera un goût amer…

Commenter cet article

Melusine Hoffman 17/07/2015 14:23

Est-ce parce que je suis malade, parce que le pharmacien de ce matin a mis 20 minutes pour me donner mes médocs et m'a volé ma carte vitale, ou bien ma passion pour les petits vieux ?
Peut-être, peut-être pas, en tout cas c'est de loin l'article que je préfère.

Victor Ladou 17/07/2015 14:32

Merci. Cet article m'a coûté 3 jours de cortisone et 5 jours d'antibiotiques. Qu'est ce qu'un auteur ne ferait pas pour son art.

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